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Conscience

philosophie · terminale a

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Livret complet, 5 flashcards et 5 questions de quiz.

LIVRET ASCENDIA — LA CONSCIENCE

Philosophie | Terminale | International | Programme MENA


LA NOTION EN UN COUP D'ŒIL

LA CONSCIENCE

Axe : Le Sujet — première notion fondatrice
Auteurs clés : Descartes · Freud · Sartre · Kant · Bergson


Ce qu'attend le correcteur examen national

Le correcteur évalue trois choses :

  1. Tu distingues conscience psychologique et morale, conscience immédiate et réfléchie — sans ces distinctions, la copie reste floue.
  2. Tu mobilises au moins deux auteurs avec leur thèse expliquée — pas seulement cités.
  3. Tu nuances en troisième partie — ni "la conscience est toute-puissante", ni "l'inconscient écrase tout".

Définition à mémoriser

La conscience est la présence de l'esprit à lui-même et au monde : savoir que l'on pense, que l'on ressent, que l'on agit, et se reconnaître comme sujet capable de dire "je".

Note de rigueur : Conscience ≠ simple éveil biologique. Un animal se réveille ; un homme est conscient. La différence : l'homme se sait lui-même.


LES 5 DISTINCTIONS ESSENTIELLES

Concept AvsConcept BCe que ça change dans ta copie
Conscience psychologiqueConscience moraleSavoir ce que je fais / juger si c'est bien ou malPrécise toujours de quelle conscience tu parles
Conscience immédiateConscience réfléchieVivre l'expérience / penser ce qu'on vitLa connaissance de soi demande la seconde
ConscienceInconscientCe qui est accessible à l'esprit / ce qui agit sans être connuFondamental pour critiquer la toute-puissance de la conscience
SincéritéLuciditéCroire dire vrai / voir ses motivations réellesOn peut être sincère et se tromper sur soi
SujetObjetCe qui pense et dit "je" / ce qui est observé de l'extérieurL'homme est le seul être naturel qui se constitue en sujet

LES 5 AUTEURS — FORMAT OPÉRATIONNEL


DESCARTES — Discours de la méthode (1637) · Méditations métaphysiques (1641)

Thèse : La conscience de penser est la seule certitude indubitable. Même en doutant de tout, on ne peut pas douter que l'on doute — c'est-à-dire que l'on pense. Cette pensée prouve l'existence du sujet.

Citation exacte :

"Je pense, donc je suis." (Discours de la méthode, 4e partie)

Ce que Descartes t'apporte : La conscience fonde le sujet — sans elle, aucun "je" ne serait possible. Elle est le point de départ obligé de toute connaissance de soi.

Sa limite : Savoir que je pense ne dit pas pourquoi je pense ce que je pense, ni d'où viennent mes désirs. La certitude d'exister n'est pas la connaissance de ses motivations.

Formule à utiliser en copie : "Avec Descartes, la conscience fonde le sujet pensant — elle est la première certitude, non la connaissance totale de soi."


FREUD — Introduction à la psychanalyse (1916-1917) · Une difficulté de la psychanalyse (1917)

Thèse : La conscience n'est que la surface visible de la vie psychique. L'inconscient — désirs refoulés, traumatismes enfouis, peurs non reconnues — agit sur nous à notre insu.

Citation exacte :

"Le moi n'est pas maître dans sa propre maison." (Une difficulté de la psychanalyse, 1917)

Ce que Freud t'apporte : Il brise l'illusion d'une conscience toute-puissante. Si le moi n'est pas maître chez lui, c'est que des forces psychiques souterraines — que la conscience ne voit pas — commandent une partie de notre comportement.

Sa limite : L'inconscient ne supprime pas la responsabilité. La psychanalyse est précisément le travail qui consiste à rendre conscient ce qui était inconscient — ce qui montre que la conscience peut reconquérir une partie de ce qui lui échappait.

Formule à utiliser en copie : "Freud montre que l'homme n'est pas transparent à lui-même — le moi n'est pas maître dans sa propre maison."


SARTRE — L'Être et le Néant (1943), Partie I, ch. 2 : La mauvaise foi

Thèse : La conscience peut se fuir elle-même. La mauvaise foi est une forme de mensonge à soi : l'homme, conscient de sa liberté et de sa responsabilité, refuse de les assumer et se ment volontairement sur ses motivations.

Différence avec Freud : Freud : l'inconscient agit à l'insu de la conscience — c'est subi. Sartre : la mauvaise foi est une fuite volontaire — on sait, mais on refuse de voir.

Ce que Sartre t'apporte : La conscience peut être consciente et malhonnête à la fois. Être conscient d'un acte n'implique pas d'en assumer la responsabilité.

Formule à utiliser en copie : "Sartre montre que la conscience peut se mentir à elle-même par mauvaise foi — être conscient n'est pas être de bonne foi."


KANT — Métaphysique des mœurs (1797), §13 · Critique de la raison pratique (1788)

Thèse : La conscience morale est un "tribunal intérieur" qui juge nos actes selon la loi que la raison se donne à elle-même. Elle est ce qui fonde la dignité morale de l'homme.

Ce que Kant t'apporte : Il distingue clairement conscience psychologique (savoir ce qu'on fait) et conscience morale (juger si c'est bien). La conscience morale est ce qui permet à l'homme d'être responsable devant lui-même, indépendamment du regard des autres.

Formule à utiliser en copie : "Pour Kant, la conscience morale est le tribunal intérieur qui dit à l'homme ce qu'il doit faire, indépendamment de ses intérêts."


BERGSON — Essai sur les données immédiates de la conscience (1889), ch. II

Thèse : La conscience n'est pas un regard froid sur soi — c'est un flux continu, une durée intérieure où les moments se fondent. L'analyser en instants séparés la trahit, comme on trahit une mélodie en l'analysant note par note.

Ce que Bergson t'apporte : Il nuance l'idée d'une conscience claire et distincte (Descartes). La conscience vécue est riche, mouvante, difficile à saisir — non pas parce qu'elle cache, mais parce qu'elle est par nature un flux que l'analyse fige.

Formule à utiliser en copie : "Bergson rappelle que la conscience est durée — un flux intérieur vivant que l'analyse dissèque et trahit."


exemples locaux


Aliou (Niamey) — La conscience fonde la responsabilité

Aliou, lycéen en Terminale à Niamey, insulte un camarade pendant un cours. Le lendemain, il dit : "Ce n'était pas vraiment moi, je ne sais pas ce qui m'a pris."

Ce que le philosophe voit : Aliou était conscient — il se souvient, il reconnaît les faits. Sa tentative de désengagement est de la mauvaise foi (Sartre) : il refuse d'assumer ce que sa conscience lui révèle. La conscience de l'acte implique la responsabilité.


Kadiatou (Yantala, Niamey) — Sincère mais pas lucide

Kadiatou aide régulièrement les familles pauvres de son quartier. Elle croit sincèrement agir "par amour du prochain". Mais ses proches remarquent qu'elle ne le fait que lorsque sa belle-famille peut le voir.

Ce que le philosophe voit : Kadiatou n'est pas menteuse — elle est sincère. Mais elle n'est pas lucide : sa vraie motivation est la reconnaissance, non l'altruisme. Sa conscience lui présente d'elle-même une image avantageuse qu'elle préfère ne pas questionner (Sartre : mauvaise foi ; Freud : motivation inconsciente).


Aïcha (Niamey) — De la conscience immédiate à la réfléchie

Aïcha échoue au BAC en première session. Elle dit d'abord : "Je n'ai pas les capacités pour la philosophie." Après des semaines de recul, elle comprend que sa vraie difficulté était la honte de poser des questions devant la classe.

Ce que le philosophe voit : Aïcha est passée de la conscience immédiate (vivre l'échec) à la conscience réfléchie (comprendre ses causes réelles). Ce passage — difficile, souvent douloureux — est le travail philosophique par excellence.


Bouba (Dosso) — La conscience et le conditionnement

Bouba vote pour le même parti depuis 20 ans, convaincu que c'est "son libre choix". Mais son père faisait de même, le chef de canton est affilié à ce parti depuis l'indépendance, et Bouba n'a jamais questionné ce vote.

Ce que le philosophe voit : Bouba se croit libre parce qu'il est conscient d'avoir voté. Mais il ignore les causes qui l'ont déterminé depuis l'enfance. Spinoza : "Les hommes se croient libres parce qu'ils sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes qui les déterminent" (Éthique, III, scolie de la prop. 2).


ATELIER BAC — SUJET TYPE

Sujet : "La conscience suffit-elle pour se connaître soi-même ?"


Analyse des termes

TermeCe qu'il signifieCe que ça implique
ConsciencePrésence à soi, capacité de dire "je"Toujours préciser : psychologique ou morale ?
Suffit-elleEst-elle suffisante à elle seule ?Le mot "suffit" implique un doute — le sujet pose déjà une limite
Se connaître soi-mêmeComprendre ses intentions, motivations, désirs réelsPas seulement ses actes visibles, mais leurs causes

Tension philosophique

La conscience semble donner un accès direct à soi — c'est le point de départ cartésien. Mais l'expérience montre que l'homme peut se tromper sur ses motivations, se mentir (Sartre), ignorer des causes inconscientes (Freud). Connaître ce qu'on fait n'est pas comprendre pourquoi on le fait.

Problématique

La conscience donne-t-elle à elle seule une connaissance complète de soi, ou n'est-elle qu'un premier accès à soi qui doit être approfondi par la réflexion et parfois le regard d'autrui ?

Plan en 3 parties

I. La conscience semble permettre la connaissance de soi

  • I.1 Elle rend présent à soi et fonde l'identité : je peux relier mes actes, souvenirs, projets (Descartes)
  • I.2 Elle rend possible la responsabilité morale (Kant)

II. Mais la conscience a des limites réelles

  • II.1 L'homme peut se tromper sur ses intentions — sincère sans être lucide (Sartre / Kadiatou)
  • II.2 L'inconscient agit à notre insu (Freud / Aliou)

III. Se connaître exige un travail réflexif

  • III.1 Passer de la conscience immédiate à la réfléchie — examiner ses actes, interroger ses motivations (Aïcha)
  • III.2 Accepter parfois le regard d'autrui comme révélateur de nos angles morts

Erreur à éviter : Citer Freud comme si l'inconscient supprimait toute responsabilité. Il la redéfinit — il ne la supprime pas.


Introduction modèle

[Accroche — situation concrète] Aliou sait qu'il a insulté son camarade — il se souvient, il reconnaît les faits. Pourtant, il dit : "Ce n'était pas vraiment moi." Kadiatou croit sincèrement aider les pauvres de son quartier, mais ne le fait que devant sa belle-famille.

[Définition des termes clés] Ces deux situations posent la même question : être conscient de ses actes suffit-il pour se connaître vraiment ? La conscience est la présence de l'esprit à lui-même — la capacité de dire "je pense", "j'agis", "je suis". Se connaître soi-même, c'est comprendre non seulement ce que l'on fait, mais pourquoi on le fait.

[Tension philosophique] La conscience semble être le premier accès à soi-même. Descartes en fait la seule certitude indubitable. Pourtant, Freud montre que le moi n'est pas maître dans sa propre maison, et Sartre que la conscience peut se fuir par mauvaise foi.

[Problématique] La conscience donne-t-elle une connaissance complète de soi, ou n'est-elle qu'un premier accès à soi qui doit être approfondi ?

[Annonce du plan] Nous verrons d'abord que la conscience semble permettre la connaissance de soi, avant de montrer qu'elle a des limites réelles, pour conclure que se connaître exige un véritable travail réflexif.


Paragraphe modèle — Partie II.1

Argument : Pourtant, la conscience ne garantit pas une connaissance honnête de soi — elle peut se tromper délibérément.

Auteur : Sartre, dans L'Être et le Néant (1943), nomme ce phénomène la mauvaise foi : se mentir à soi-même pour fuir sa responsabilité. L'homme est conscient de ce qu'il fait — mais il réinterprète ses propres actes pour ne pas avoir à les assumer.

Exemple : C'est la situation de Kadiatou à Niamey : elle dit aider les pauvres "par conviction", mais ne le fait que devant sa belle-famille. Elle est sincère — elle n'est pas lucide. Sa conscience lui présente d'elle-même une image avantageuse qu'elle préfère ne pas questionner.

Conclusion : Ainsi, la conscience ne suffit pas à la connaissance de soi parce qu'elle peut se tromper sur elle-même — c'est la distinction essentielle entre sincérité et lucidité.


AIDE-MÉMOIRE — 8 FORMULES ESSENTIELLES

AuteurFormule à retenirSource
Descartes"Je pense, donc je suis"Discours de la méthode, 4e partie
Descartes"Je suis, j'existe, est nécessairement vraie…"Méditations métaphysiques, Méd. II
Freud"Le moi n'est pas maître dans sa propre maison"Une difficulté de la psychanalyse, 1917
SartreLa mauvaise foi = se mentir à soi pour fuir sa responsabilitéL'Être et le Néant, 1943, Part. I, ch. 2
KantLa conscience morale est un tribunal intérieurMétaphysique des mœurs, §13
BergsonLa conscience est durée — flux, non instantanéEssai sur les données immédiates, ch. II
Spinoza"Les hommes se croient libres parce qu'ils ignorent les causes qui les déterminent"Éthique, III, scolie prop. 2
Temple de Delphes"Connais-toi toi-même" — non un fait, mais une conquêteSentence attribuée à Socrate par Platon
Mode faible connexion actif. Les cours deja ouverts restent disponibles.